Historique

Les origines

Évidemment, comme pour la plupart des vieilles coopératives forestières du Québec, elles se sont formées à partir du besoin des cultivateurs d'obtenir un gagne-pain supplémentaire pour faire vivre leur famille nombreuse. Ainsi, en se regroupant en syndicat de chantier de l'Union des Cultivateurs Catholiques (U.C.C), les fermiers exécutaient de petits contrats de coupe de bois l'hiver afin d'avoir un revenu d'appoint et au cours de l'été, ils travaillaient sur leur ferme.

En ce qui concerne Petit Paris, elle a vu le jour le 6 mai 1968 de la fusion de deux organismes, soit le chantier de l'U.C.C de Saint-Augustin, fondé en 1949 et le chantier de l'U.C.C de Saint-Ludger-de-Milot, fondé en 1954. Ces deux chantiers d'antan, d'envergure et de vocation similaires, étaient des sous-contracteurs pour la compagnie Price Brothers Limited. En fait, ils négociaient à l'occasion un contrat conjoint, souvent ils étaient dans le même secteur de coupe. Ils partageaient les coûts de chemin, de jetée, de cuisine, etc., ce qui d'ailleurs motiva leur regroupement.

Les membres les plus anciens de Petit Paris se souviennent des deux conseils d'administration d'avant la fusion, soit pour le chantier de Saint-Augustin :

  • Gilbert Brassard, président
  • Achille Plante
  • Roger Plourde
  • Florent Tremblay
  • Raymond Boulianne

et comme administrateurs à Saint-Ludger-de-Milot :

  • Edmour Patry, président
  • Réal Sirois
  • Romain Malenfant
  • Fernand Duchesne
  • Edmour Tremblay

Ces administrateurs pionniers et visionnaires ont rapidement compris qu'il était beaucoup plus avantageux de travailler ensemble, de réunir leurs forces, car ils sentaient déjà venir le vent de la modernisation (scie à chaîne mécanique, débusqueuse C-4, camion à palettes pour le transport, etc). En effet, les petites coopératives ne pourraient pas suffire avec seulement des travaux d'hiver, elles se devaient d'évoluer et de baisser les coûts de production. En se modernisant et en étendant la période d'exploitation pour en faire un travail plus régulier, il était maintenant possible de survivre et de progresser. Le conseil d'administration après la fusion de 1968 était alors composé de sept administrateurs soit :

  • Gilbert Brassard président
  • Edmour Patry
  • Florent Tremblay
  • Réal Sirois
  • Roger Plourde
  • Fernand Duchesne
  • Raymond Lamontagne
  • Jérôme Plourde, gérant forestier
  • Yvon Bouchard, secrétaire-trésorier.

Aujourd'hui

La Coopérative Forestière de Petit Paris est une véritable entreprise privée, c'est-à-dire une PME à propriété collective qui a un mode de fonctionnement démocratique. En effet, la Coopérative Forestière de Petit Paris est une entreprise possédée, administrée et contrôlée de façon démocratique par ses 170 membres en règle, une association de personnes qui regroupe à la fois les propriétaires et les usagers de l'entreprise. Cette association, comme les autres coopératives de travailleurs, se distingue donc des autres formes d'entreprises par trois traits caractéristiques :

  • La participation à la propriété, où le propriétaire-usager doit obligatoirement utiliser les services offerts par la coopérative pour demeurer membre. Ainsi, une personne qui n'a pas travaillée pendant 2 ans pour la coopérative se verra automatiquement exclue pour inactivité.
  • La participation au pouvoir avec son conseil d'administration composé de sept personnes élues réparties en quatre unités de travail ainsi qu’un administrateur externe donnent l'orientation et accomplissent le contrôle démocratique de la gestion. La répartition des sièges s'effectue de la manière suivante : trois administrateurs issus de l'unité de travail des opérations forestières (messieurs France Brassard, Marc Trépanier et Dave Villeneuve), deux représentants pour le secteur de l'aménagement (messieurs Claude Kenty, président, et Mathieu Simard), un administrateur élu au suffrage universel (monsieur Régis Lavoie), un représentant en administration (monsieur Stéphan Caouette, vice-président) et un conseiller externe sans droit de vote (monsieur Lucien Boily, conseiller municipal à la Ville d’Alma). Cette équipe est complétée par messieurs Alain Pardis, directeur général et Roger Tremblay, trésorier ainsi que par madame Claudie Tremblay, secrétaire du conseil d'administration.
  • La participation aux résultats est la répartition équitable des bénéfices, c'est-à-dire le retour aux membres d'une partie du trop perçu, qui est en fait une part des excédents de la coopérative. Le montant des ristournes est calculé au prorata des affaires effectuées avec la Coopérative Forestière de Petit Paris, le calcul se fait comme suit : 50% en nombre de jours travaillés durant l'année et 50% sur les gains annuels.

Petit Paris : rien à voir avec la France...

Selon les renseignements obtenus à la coopérative, l'utilisation de la dénomination sociale "Petit Paris" vient du fait que les premiers chantiers forestiers de la coopérative en 1968 se sont effectués dans le secteur de la petite rivière Péribonka. Précisons également que ce nom a été proposé par le curé du temps (l'abbé Roméo Simard) un membre du clergé qui assistait dans ce temps-là aux rencontres de la coopérative.

N'oublions pas qu'à cette période, même si on avait un peu moins besoin du curé pour aller négocier les contrats de coupe, il était encore très présent afin d'intercéder pour les membres auprès des grandes compagnies forestières. Soulignons que les réunions de la coopérative prévoyaient toujours une prière pour l'ouverture de chaque assemblée.

En fait, le terme "Petit Paris" résulte possiblement d'une mauvaise prononciation pour désigner la rivière du petit Péribonka (le petit paribonka). En effet, les aînés de la région du Lac-Saint-Jean donnent encore le nom de Petit Paris à toutes les municipalités qui sont situées au sud de la petite rivière Péribonka et au nord de la grande rivière Péribonka.

Ainsi, les municipalités de Saint-Ludger-de-Milot, Saint-Augustin, Péribonka, Sainte-Jeanne d'Arc et Sainte-Monique sont toutes qualifiées par le pseudonyme "Petit Paris".

Conclusion

Tel que précisé auparavant, la Coopérative Forestière de Petit Paris a débuté son action au niveau de l'exploitation forestière (coupe, transport, construction de chemins, etc.) et celle-ci demeure une activité importante de son chiffre d'affaires.

Aujourd'hui, on la retrouve également dans le domaine de l'aménagement forestier (plantation, travaux de scarifiage, de mise en andains, etc) et de récolte et transformation de biomasse forestière.  Elle est également présente, par son partenariat dans la transformation de la matière ligneuse (scierie résineuse Produits Forestiers Petit Paris).

Chaque année, l'entreprise emploie environ 275 personnes (en incluant ses filiales), dont environ 132 sont membres en règle de la coopérative. Pour l'année 2014-2015, elle a complété son exercice financier avec un chiffre d'affaires de plus de 36 millions $.